Moteur de recherche : Google chute lourdement

On parle beaucoup des moteurs de recherche en ce moment. On pense bien sûr à Google, Bing, Ecosia ou encore au français Qwant. Ce dernier est dans la tourmente, mais ce n’est pas l’objet de l’article. L’information ne circule pas et pourtant il vient de se passer quelque chose d’important pour Google. Le moteur numéro 1 a subi une lourde chute en France et cela semble être qu’un début. Pour tout vous dire, on n’avait pas vu une telle baisse depuis la création de Google…

Google en chute libre

Avant l’arrivée de Google, nous avions Yahoo!, Altavista ou encore Lycos. Internet fonctionnait bien… mais pour trouver une information pertinente, il fallait parfois passer par plusieurs recherches. Et puis, un nouvel acteur est arrivé sur le marché. Son interface était simple, il était rapide et ses réponses étaient pertinentes. En quelques mois, il devenait le numéro 1 : Google. Cette histoire, vous la connaissez déjà, mais à l’époque c’était une petite révolution. Depuis, il est resté indétrônable…

Jusqu’à juin 2019, tout va bien

Depuis 10 ans, Google déteint entre 93 et 96% de la recherche en France. En juin, la deuxième marche du podium revenait à Bing avec environ 3% et on retrouvait Yahoo! avec environ 1,4%. Notre champion national Qwant détenait 0,7% (sic). Jusqu’ici, tout va bien pour Google… Toutefois, les choses vont radicalement changer. Une première dans l’histoire de Google.

Juillet 2019 : gros chamboulement

Entre juin et juillet 2019, Google est passé de 94,2% à 86,2%, une baisse de 8 points en part de marché sur la recherche en France. C’est la première fois que Google passe sous la barre des 92%, sur les 10 dernières années. Mais que se passe-t-il ? Les Français n’aiment plus Google ? Est-ce une prise de conscience des enjeux de la protection des données en France et en Europe ? Est-ce une erreur ? La réponse n’est pas aussi simple… Depuis le début de l’année, Google a perdu 1 point sur les recherches faites sur ordinateur et 0,87 point sur tablette. Même si on peut noter un léger fléchissement, c’est peu. Vous l’aurez deviné, c’est sur les mobiles que tout a basculé.

La part de marché de Google est passée de 97,96% à 82,25%, une baisse de 15,71 points sur smartphone en un mois !

Google se plie aux exigences de la Commission européenne

Une des raisons de ce chamboulement pourrait bien venir de Bruxelles. Il y a un an, la Commission européenne infligeait une amende de 4,34 milliards d’euros à Google, pour abus de position dominante et pratiques anticoncurrentielles avec son système Android. Pour rappel, Android est installé sur 80% des smartphones à travers le monde et impose son navigateur et moteur de recherche. Google avait fait appel de cette décision en octobre 2018, mais ce dernier n’était pas suspensif. Depuis, Google a décidé de courber (un peu) l’échine et a fait une annonce en mars dernier. L’entreprise a annoncé de grands changements à venir… et il est vrai que depuis juin, certains utilisateurs Android ont vu apparaître une popup sur leur téléphone. Elle s’affiche généralement au lancement du Play Store. Il est demandé au propriétaire du téléphone de choisir son moteur de recherche favori, ainsi que son navigateur par défaut. Y’aurait-il un lien entre le choix de moteur de recherche proposé et la chute des parts de marché pour Google ?

Souvenez-vous dans les années 2000, la même Commission européenne s’intéressait de près à Microsoft et son navigateur Internet Explorer. À l’époque, les utilisateurs Windows avaient vu apparaître une petite fenêtre proposant de choisir un navigateur par défaut, même s’il n’était pas présent sur l’ordinateur. Avec l’arrivée Windows 7, Internet Explorer 8 était même « désactivé » par défaut à l’installation. En janvier 2009, Internet Explorer détenait 63% de part de marché des navigateurs. Aujourd’hui, il en possède moins de 5%. Ce déclin n’est pas lié uniquement à la Commission européenne. Firefox et Chrome possédaient de nombreux atouts. La concurrence était là, mais cet écran de choix a bel et bien changé la donne.

Business Is Business

Google pourrait bien perdre des parts de marché en Europe et donc de l’argent. La firme a trouvé une nouvelle source d’argent, tout en restant dans les clous (selon ses dires). Elle va proposer à ses concurrents d’acheter leur place aux enchères ! Pour apparaître parmi la liste des 3 moteurs de recherche par défaut sur Android, il faudra payer. Malin, non ? Pas sûr que cela plaise beaucoup à la concurrence ou à la Commission européenne.

À qui profite le crime ?

Pour revenir aux parts de marché, entre juin et juillet 2019, Bing passe de 3,03% à 10,57% sur l’ensemble des recherches (mobile, tablette et ordinateur) ! Le moteur Microsoft a fait un bon de 14,5 points et détient tout de même 15,25% de la recherche sur smartphone. Malheureusement, c’est le seul moteur à bénéficier de ce désamour pour Google. Les Français se sont (aussi) détournés de Yahoo! et Qwant sur leur téléphone.

Et la suite…

Pour août, il est encore trop tôt pour se prononcer. Toutefois, selon StatCounter, Google chuterait sous la barre des 75% et Bing dépasserait les 22% sur mobile. Ces informations sont à prendre avec des pincettes et il faudra attendre la consolidation des chiffres début septembre.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous changé vos habitudes ? Quel moteur de recherche utilisez-vous ? Laissez un commentaire…

Source : Cachem

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